Marc Lévy

La librairie des livres interdits (2024)
Un libraire se voit emprisonner pendant cinq ans, sous le prétexte d’une loi récemment promulguée, interdisant de vendre un bon nombre de livres, sous le prétexte de nuire à la bonne évolution de la société. Sorti de prison il se met en quête de son bourreau. De réflexions paisibles en rebondissements saccageurs, le jeune libraire va connaître l’aventure, l’amour et finalement la paix !
De Marc Lévy, je n’avais pas gardé un souvenir impérissable, raison pour laquelle je n’ai pas beaucoup d’éléments de comparaison dans sa propre bibliographie. Je ne pensais pas non plus qu’il écrive ce genre de roman policier avec humour, astuce et intérêt… bref, ce livre m’a amusé et j’ai passé un bon moment de détente. Ecrit très agréablement, de lecture facile et vivante ce roman a tout d’un policier sans être jamais confus ; je ne parle pas ici d’un très bon livre, mais quand même d’un agréable moment.
Marc Dugain

L’avion, Poutine, l’Amérique … et moi (2024)
Voici un roman très actuel, qui se lit avec tout l’intérêt qu’on porte à l’époque dans laquelle nous sommes et à ses dirigeants qui font couler tant d’encre…
Un français installé aux USA, travaille dans la finance pour une banque américaine. Il côtoie le milieu huppé de la gouvernance et vit avec femme et enfants sur le mode américain. Lors de fâcheux évènements, il perd sa femme, et se retrouve contraint à déménager. Il revient en France, dans les milieux secrets des renseignements et se trouve envoyé dans la sphère de Poutine, à côtoyer les oligarques notamment. Il y rencontre un chef de l’état tout puissant, qui dirige son peuple en souverain et dictateur. Cette fiction ressemble à s’y méprendre à un témoignage correctement documenté sur notre actualité.
Kamel Daoud

Houris (2024, Goncourt)
Houris est le nom algérien attribué à la « merveille » rêvée, inventée, créée, à celle que l’on retrouve sous d’autres cieux ; bref, Houris est l’expression de la beauté, de la perfection… Au long de ce texte très dur, la narratrice s’entretient avec Houris, l’enfant qu’elle porte et lui décrit les horreurs de la guerre qu’elles traversent à deux. Parfois même, la jeune femme aimerait épargner son enfant et pense à l’avortement : « Je garde le cauchemar, je te rends la lumière » … mais le lecteur veut croire que cette Houris, est un peu la béquille de sa maman.
Toute la poésie du texte réside dans ce que la jeune femme, narratrice de la guerre civile de 1960 à 1970 en Algérie, s’adresse à l’enfant qu’elle porte. Dans un langage souvent imagé, tellement délicat et gorgé d’amour, elle lui décrit les horreurs d’un cauchemar, dans toute sa violence et ses meurtres. Le lecteur n’est pas épargné : les situations les pires y sont décrites. La prouesse de l’auteur me semble-t-il, est dans la narration d’horreurs avec les mots salvateurs du calme et de la tendresse. J'ai trouvé ce livre exceptionnel.
Miguel Bonnefoy

Le rêve du jaguar (2024)
Le style rappelle exactement celui de Gabriel Garcia Marques… L’intrigue se passe au Venezuela, et il s’agit de la rétrospective d’une vie de famille misérable, qui devient célèbre, reconnue et pour finir très enviée. Les premières pages relatent l’accueil d’un enfant dans ses langes, sur les marches d’une église. L’ascension formidable de l’enfant débute avec des difficultés financières et sociales énormes, mais évolue tant et si bien qu’elle le fait parvenir à une notoriété nationale… Il s’agit d’une fiction s’étalant sur deux générations et illustrant la volonté dans son volet indissociable de l’effort.
Sonia Mabrouk

Et si demain tout s’inversait (2024)
J’ai trouvé le livre excellent. L’auteur débat de la perte du sentiment identitaire des Français après qu’ils aient tout misé sur le capitalisme : perte des repères historiques ou religieux pour finalement déboucher sur une espèce de décadence due à la négligence des valeurs fondatrices du pays. Après le constat d’une absence de tout contrôle de nos autorités et pour tenter la reconstruction de nos valeurs d’origine, le peuple veut se réfugier sur des terres où l’on conserve une solidité de souche ; où la religion unit la nation sous une seule bannière et où la fraternité marie ses habitants. Alors le temps est venu pour les chrétiens de se réfugier chez les musulmans… Sonia Mabrouk de nationalité franco-tunisienne décrit parfaitement les difficultés traversées et aborde avec aisance les frustrations engendrées de part et d’autre.